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Publié le

31/3/2025

Rénovation énergétique : ces obstacles qui font flamber les coûts

Publié le

31/3/2025

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Face à l’urgence climatique et à la hausse des prix de l’énergie, la rénovation énergétique est devenue un enjeu central pour les copropriétés. Pourtant, de nombreux projets voient leur facture exploser, bien au-delà des estimations initiales. En cause : des freins réglementaires, humains et techniques souvent sous-estimés. Décryptage.

1. Des hausses de coûts parfois inattendues

Alors que les travaux de rénovation énergétique sont largement encouragés par les pouvoirs publics, leur mise en œuvre dans le parc immobilier ancien s’avère complexe. Selon les professionnels du secteur, les coûts peuvent augmenter de 20 à 40 %, voire davantage, une fois les contraintes techniques, juridiques et organisationnelles intégrées.

Ces surcoûts résultent notamment de retards dans la validation des projets, de révisions de plans imposées par la réglementation, ou encore de l’expiration des devis, obligeant à relancer des appels d’offres dans un contexte inflationniste.

2. Le rôle-clé des assemblées générales de copropriété

En copropriété, toute décision de travaux doit passer par l’assemblée générale. Or, la rénovation énergétique nécessite souvent des majorités qualifiées, notamment pour l’isolation par l’extérieur ou le ravalement thermique.

Les syndics observent fréquemment des blocages liés à une méconnaissance des enjeux ou à des craintes financières. Sans accompagnement pédagogique ni projection chiffrée des économies futures, les copropriétaires peuvent rejeter des projets pourtant nécessaires.

La loi du 10 juillet 1965 impose, pour ce type de travaux, la majorité absolue de l’article 25, un seuil parfois difficile à atteindre sans consensus fort.

3. Des obstacles sous-estimés en amont du chantier

En dehors des freins humains, de nombreuses contraintes techniques et réglementaires sont peu anticipées. Certaines zones sont soumises à des plans de sauvegarde ou à la vigilance des Architectes des Bâtiments de France, rendant certaines interventions impossibles, comme l’isolation par l’extérieur.

Les bâtiments anciens, mal documentés ou difficilement accessibles, nécessitent des études préalables approfondies. Dans de nombreux cas, ces éléments ne sont découverts qu’en cours de projet, générant des coûts supplémentaires et des arbitrages défavorables à la performance énergétique.

4. L’isolation par l’extérieur : un levier souvent bloqué

Souvent recommandée dans les diagnostics énergétiques pour ses performances, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) est paradoxalement celle qui rencontre le plus d’obstacles.

Dans les centres-villes historiques ou les immeubles classés, les services d’urbanisme peuvent refuser les demandes d’autorisation, au nom de la préservation du patrimoine architectural. Les porteurs de projet sont alors contraints de se tourner vers des solutions alternatives moins efficaces, comme l’isolation intérieure, réduisant ainsi le gain énergétique attendu.

5. Quelles solutions pour réussir une rénovation sans surcoût ?

Pour limiter les mauvaises surprises, une préparation rigoureuse en amont est indispensable. Cela implique :

  • Une analyse précise des règles d’urbanisme locales.

  • L’identification des techniques compatibles avec le bâti existant.

  • Un travail pédagogique avec les copropriétaires en amont des assemblées générales.

Côté financement, plusieurs dispositifs existent pour accompagner les projets :

  • MaPrimeRénov’ Copropriété

  • Certificats d’économies d’énergie (CEE)

  • Aides territoriales, parfois cumulables.

L’enjeu est de bâtir un projet à la fois réaliste techniquement, acceptable humainement et optimisé financièrement, en mobilisant l’ensemble des parties prenantes dès les premières phases.

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